Congé individuel de formation (CIF)

Le congé individuel de formation (CIF) est un dispositif de formation disponible en France pour les salariés sous certaines conditions.

Il permet à tout employé de s'absenter pendant les heures de travail dans le but de suivre à titre individuel une action de formation de son choix, en totale indépendance. Il se distingue donc d'autres dispositifs de formation que sont d'une part la formation organisée à l'initiative de l'employeur et prévue par le plan de formation de l'entreprise s'il existe, d'autre part le droit individuel à la formation, mis en œuvre en coconstruction avec l'employeur.

Les motifs du congé individuel de formation sont aussi variés que personnels : pour accéder à un niveau supérieur de qualification, pour changer d'activité ou de secteur (mobilité ou reconversion), pour s'ouvrir plus largement à la culture à la vie sociale ou à l'activisme associatif bénévole, enfin pour préparer un examen.

Pour bénéficier d'un congé individuel de formation, le candidat doit être dans l'une des trois situations suivantes :

  • être en CDI et avoir travaillé au moins deux ans en tant que salarié dont 12 mois dans l'entreprise,
  • avoir travaillé au moins quatre mois en CDD et avoir travaillé au moins deux ans depuis cinq ans,
  • avoir effectué 1600 heures en intérim durant les 18 derniers mois.

Il existe un délai de franchise (DF) : un salarié ayant déjà bénéficié d'un CIF ne peut y prétendre une seconde fois dans la même entreprise avant un certain délai dit délai de franchise égal au douzième de la durée en heures du précédent congé. Ce délai de franchise ne peut être inférieur à 6 mois ni être supérieur à 6 ans. Ce délai de franchise n'est pas valable pour les congés pour examens : on peut en demander autant qu'il y a d'examens.

Le congé ne peut pas durer plus d'un an s'il s'agit d'un stage à temps plein, 1200 heures maximum si la formation est discontinue ou à temps partiel. Des accords peuvent prévoir des durées plus longues, en particulier dans certains secteurs (surtout commerce service artisanat et industrie pour des raisons évidentes de programmes). Ces durées peuvent être augmentées si accord de l'employeur mais les financements seront plafonnés.

La demande doit être formulée par écrit au plus tard 60 jours à l'avance pour un stage de moins de 6 mois, 120 jours à l'avance pour un stage entrainant une interruption de travail de plus de 6 mois.

La réponse de l'employeur doit intervenir dans les 30 jours. Un refus de sa part n'est possible qu'en cas de non conformité de la demande ou des conditions relatives au stage car le congé de formation est de droit, et l'absence de réponse vaut acceptation tacite. De même une fois accordé, l'employeur ne peut revenir sur sa décision. Le départ en cas de refus en formation, s'il n'est pas formulé comme préjudiciable à l'entreprise, ne peut entrainer le licenciement du salarié.

Des raisons pour différer le congé sont possibles néanmoins pour des raisons diverses. En particulier, si après avis du comité d'entreprise ou des représentants du personnel il est décidé que cette absence peut avoir des conséquences préjudiciables sur la marche de l'entreprise (production principalement), le départ peut être reporté. Ce report s'il est accepté ne peut être supérieur à 9 mois, au-delà il est caduc.

La prise en charge est définie précisément par le contrat de travail. Le salarié doit présenter sa demande de prise en charge à l'OPACIF/FONGECIF auquel son employeur verse sa contribution-formation. Dans ce cas, la prise en charge est calculée sur la rémunération qu'il aurait perçue s'il avait continué à travailler. Le salarié peut conserver sous certaines conditions 80 à 100% de son salaire[réf. nécessaire] (ou 60 à 90%), qui est financé par le FONGECIF ou un organisme paritaire collecteur agréé (OPCA). L'entreprise ou le salarié peuvent être amenés à payer le ticket modérateur. Le refus par l'organisme paritaire est possible et le salarié peut faire un recours gracieux.

Pendant le congé, le salarié doit remettre à l'employeur à chaque fin de mois une attestation effective de stage.

Le CIF entraine la suspension du contrat de travail, autrement dit la période de formation est assimilée à un temps de travail qui vaut pour congés payés et calcul d'ancienneté.

En revanche le salarié perd son poste de travail et il ne peut, de retour de CIF, exiger sa réintégration à la même place. L'entreprise lui propose souvent un poste de plus faible qualification à titre transitoire (dans l'attente de fin de contrat du CDD de remplacement), s'il le refuse il y a alors motif de rupture de contrat de travail.



HAUT